MMAO PERSAN
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01 · SIGNAL & SYSTEMS

Signal et systèmes

Deux signaux peuvent se renforcer, s’annuler ou produire un mouvement. Un système transforme ensuite ce qu’il reçoit selon des règles que l’on peut mesurer.

x₁(t)+x₂(t)=y(t)
01

PRINCIPE DE SUPERPOSITION

La somme se fait point par point

À chaque instant, les amplitudes s’additionnent. Deux sinusoïdes identiques et en phase donnent une amplitude plus grande. Avec un décalage de 180°, l’une est positive lorsque l’autre est négative : elles peuvent s’annuler.

MÊME FRÉQUENCE

La phase décide du niveau

Pour deux amplitudes A et B séparées par φ : R = √(A² + B² + 2AB cos φ).

FRÉQUENCES PROCHES

Le niveau respire

La vitesse des battements vaut la différence absolue : f battement = |f₂ − f₁|.

SOURCES COMPLEXES

Chaque fréquence réagit

Un même délai ne correspond pas au même angle de phase pour toutes les fréquences.

Revoir amplitude, période, fréquence et phase →

LABORATOIRE

Sommer deux sinusoïdes

Le second signal est coupé au départ. Ajoute-le, puis change une seule relation à la fois.

TEMPS · TIME DOMAIN
Signal ASignal BSomme
AMPLITUDE RÉSULTANTE1,000
VARIATION DE NIVEAU0,00 dB
BATTEMENTSaucun

Le signal B est à zéro : seule la sinusoïde A est entendue.

02

PHASE ≠ DÉLAI

Un délai fait tourner la phase selon la fréquence

Pour une sinusoïde de fréquence f retardée de τ secondes, le déphasage vaut φ = 360° × f × τ. Un retard de 1 ms représente 36° à 100 Hz, mais 360° à 1 kHz.

Fréquence
Délai
Déphasage
100 Hz
1 ms
36°
500 Hz
1 ms
180°
1 kHz
1 ms
360°
03

ENTRÉE → SYSTÈME → SORTIE

Décrire un traitement par sa réponse

Un système linéaire invariant dans le temps (Linear Time-Invariant, LTI) respecte la superposition et ne change pas de comportement au fil du temps. Sa réponse impulsionnelle contient tout ce qu’il fait au signal.

Signal x(t)∗Réponse h(t)=Sortie y(t)

Le symbole ∗ représente la convolution. Dans le temps, on additionne des copies décalées et pondérées de la réponse. Dans le domaine fréquentiel, cela revient à multiplier les spectres.

FILTRE

Réponse en fréquence

Elle indique le gain et la phase appliqués à chaque fréquence.

PIÈCE

Réponse impulsionnelle

Réflexions et décroissance permettent de recréer sa réverbération par convolution.

NON-LINÉAIRE

Hors modèle LTI

Une saturation crée de nouvelles fréquences : une simple réponse impulsionnelle ne suffit plus.

04

CONVOLUTION · IMPULSE RESPONSE

Chaque échantillon déclenche la réponse

La réponse impulsionnelle d’un système, c’est ce qu’il fait d’un clic parfait : une seule impulsion en entrée, et tout ce qui en ressort. Or n’importe quel signal numérique est une suite d’impulsions, une par échantillon, chacune avec sa hauteur. Si le système est linéaire et ne change pas dans le temps, chacune de ces impulsions produit une copie de la réponse, à sa hauteur et à sa place. La sortie est la somme de toutes ces copies : c’est la convolution.

y[n] = Σ x[k] · h[n − k]Pour chaque échantillon d’entrée x[k], on pose la réponse h décalée de k et multipliée par x[k], puis on additionne tout.

Construire la sortie pas à pas

DANS LE DOMAINE DES FRÉQUENCES

Convoluer, c’est filtrer

La convolution dans le temps équivaut à une multiplication des spectres : le spectre de la sortie est celui de l’entrée multiplié par celui de la réponse. Une réponse de quelques millisecondes est donc un égaliseur ; une réponse de plusieurs secondes, une pièce entière.

COÛT DE CALCUL

Des millions d’opérations

Une réponse de 3 s à 48 kHz compte 144 000 échantillons : autant de multiplications pour chaque échantillon de sortie. Les plugins passent donc par la FFT, par blocs, ce qui peut ajouter un peu de latence.

LIMITES

Linéaire et figé

Une réponse ne capte ni saturation (une lampe qui distord plus quand on joue fort) ni mouvement (chorus, réverbération modulée). Elle fige aussi une position : source et micro ne bougent plus.

Comment on s’en empare

CAPTURER UN LIEU

Mesurer une réponse

On diffuse dans le lieu un balayage de fréquences (ou un claquement, un coup de pistolet d’alarme), on l’enregistre, puis on retire le signal diffusé de l’enregistrement (déconvolution). Il reste la réponse de la pièce, pour ce placement de haut-parleur et de micros.

BAFFLES, MICROS, APPAREILS

La signature d’un objet

Les simulateurs d’ampli utilisent des réponses de baffles : le haut-parleur et le micro sont presque linéaires, contrairement à l’ampli lui-même, qui est modélisé à part. Même idée pour un téléphone, une radio ou un égaliseur à phase linéaire.

CRÉER

N’importe quel son comme réponse

Une réponse inversée, étirée, filtrée, ou un son qui n’a rien d’une pièce : un fragment de musique, une cloche, une voix. Chaque coup de la source déclenche alors ce son. On parle parfois de synthèse croisée.

Écouter : une source, plusieurs réponses

La source ne change pas : seule la réponse impulsionnelle change. À droite, son spectre montre le filtre qu’elle applique. Ces réponses sont fabriquées pour la démonstration, pas mesurées dans de vrais lieux ou sur de vrais appareils : elles ont la bonne forme, pas la richesse d’une vraie capture. Ce qui compte ici, c’est le principe.