Des parties enregistrées (nappes, chœurs, percussions) lues en même temps que le groupe. On parle souvent de backing tracks.
EN PRATIQUE · LIVE PERFORMANCE
Jouer sur scène avec un ordinateur
Sur scène, l’ordinateur devient un musicien du groupe : il joue des pistes, fait sonner des instruments, donne le tempo. Il doit être fiable, s’entendre là où il faut, et ne jamais s’entendre là où il ne faut pas.
CE QUE FAIT L’ORDINATEUR
Plusieurs rôles possibles
Le clavier maître envoie du MIDI, l’ordinateur produit le son avec des instruments virtuels.
Voix, guitare ou synthé passent par des plugins : délais, réverbérations, transformations.
Le métronome et des repères parlés (« refrain », « 4, 3, 2, 1 ») guident les musiciens, dans leurs retours seulement.
Une grille de clips permet de construire le morceau en direct, sans ordre imposé.
Changements de son des synthés, lumières ou vidéo, par MIDI, timecode ou OSC.
FRONT OF HOUSE & MONITORS
Qui entend quoi : façade et retours
Sur scène, il y a au moins deux mixages : la façade, ce que le public entend par la sonorisation, et les retours, ce que chaque musicien entend dans ses écouteurs intra-auriculaires (ears) ou ses enceintes de retour. L’interface audio doit donc avoir plusieurs sorties, et chaque source de la DAW doit être envoyée au bon endroit.
Régler le routage
Ce réglage de départ contient deux erreurs classiques. Écoute ce qu’entend le public, corrige les envois, puis compare avec ce qu’entend le batteur.
Annexe : la console de façade, les retours et le larsen →
SYSTÈME
Préparer l’ordinateur
Un ordinateur de scène n’a qu’un travail : jouer le concert. Tout ce qui peut l’interrompre ou le ralentir doit être désactivé.
Notifications, mises à jour automatiques, veille, économiseur d’écran, synchronisation de fichiers : tout désactivé. Mode avion si le réseau ne sert pas.
Chargeur branché, mode performances. Sur batterie, certains ordinateurs ralentissent le processeur.
Les morceaux à la suite dans une seule session, avec des marqueurs, ou un projet par morceau ouvert à l’avance. Tester le passage d’un morceau à l’autre.
Figer ou rendre en audio tout ce qui n’a pas besoin d’être joué en direct : moins de risques de saturation du processeur. Voir figer, rendre, imprimer.
Samples et pistes copiés sur le disque interne, pas sur un disque réseau ou un disque externe débranchable.
Câble USB de l’interface, adaptateurs, alimentation, clavier maître : un exemplaire de secours pour chaque élément vital.
LATENCY & SYNC
Latence et synchronisation
Pour lire des pistes, une grande taille de tampon (buffer) ne pose pas de problème et rend le système plus stable. Pour jouer un instrument virtuel ou traiter une voix en direct, il faut au contraire une latence faible, sinon le musicien entend son geste en retard. Sur scène, on cherche le plus grand tampon qui reste jouable.
Le clic et les pistes suivent le tempo du projet : ralentissements et changements de mesure doivent y être écrits.
Boîtes à rythmes et séquenceurs suivent la DAW par MIDI Clock ; lumière et vidéo souvent par timecode.
Un musicien avec un pédalier ou un contrôleur, ou la personne à l’ordinateur. Décidé et répété avant le concert.
REDUNDANCY
Prévoir la panne
La question n’est pas de savoir si un ordinateur plantera un jour sur scène, mais ce qui se passera ce jour-là. Plusieurs niveaux de sécurité existent, du plus simple au plus complet.
- Continuer sans l’ordinateur
Le groupe connaît une version du morceau qui tient sans les pistes : c’est le plan B le moins cher.
- Un lecteur de secours
Une version stéréo des pistes sur un téléphone ou un lecteur, prête à être lancée par l’équipe son.
- Un second ordinateur
Deux ordinateurs jouent la même session en même temps, synchronisés ; un commutateur passe de l’un à l’autre sans arrêter la musique.
TECH RIDER
Travailler avec l’équipe son
L’ordinateur arrive dans une salle où une équipe gère la sonorisation. Elle a besoin d’informations précises, envoyées avant le concert dans la fiche technique.
Chaque sortie, ce qu’elle contient et où elle va, comme le tableau généré par l’outil ci-dessus.
Sorties symétriques en jack TRS ou XLR ; sinon, des boîtiers de direct (DI) pour rejoindre la console sans bruit ni ronflement.
Pas de limiteur ni de fader bougé pendant le concert sur les sorties vers la façade : c’est la console qui règle le niveau dans la salle.
PREFLIGHT