M MAO PERSAN

SON & STUDIO

La chaîne audio

Du microphone à la DAW, puis aux enceintes : chaque étape prépare l’enregistrement et l’écoute.

PLACE DANS LE PARCOURS

Du son réel au projet

Cette rubrique relie les appareils physiques au travail dans le logiciel.

Avant la chaîne studio : suivre le son de l’air au signal électrique →
1 · IDENTIFIERLes appareilsSource, contrôleur ou instrument ? 2 · ACHEMINERPrise de son et interfaceMicro, gain, conversion et écoute. 3 · ENREGISTRERLa DAWPiste, entrée, niveau et fichier. 4 · FAIREMise en pratiqueConfigurer, enregistrer, monter, mixer.
01

MICROPHONES

Le microphone

Le microphone est un transducteur. Sa technologie influence la sensibilité, le comportement transitoire, le bruit propre et les conditions d’utilisation ; sa directivité décrit surtout de quelles directions il capte.

DYNAMIQUE · DYNAMIC

Robuste et peu sensible

Une bobine se déplace dans un champ magnétique. Souvent adapté aux niveaux élevés et à la scène ; aucune alimentation n’est généralement nécessaire.

CONDENSATEUR · CONDENSER

Sensible et détaillé

Une membrane forme un condensateur. L’électronique demande le plus souvent une alimentation fantôme 48 V.

RUBAN · RIBBON

Membrane conductrice légère

Un ruban se déplace dans un champ magnétique. Souvent bidirectionnel et délicat ; les modèles actifs et passifs n’ont pas les mêmes contraintes.

VOIX · AIR ET PLOSIVES

Anti-pop et bonnette ne font pas le même travail

Les consonnes P et B peuvent envoyer une bouffée d’air directement sur la membrane. Le filtre anti-pop disperse ce déplacement d’air avant qu’il n’atteigne le microphone : il protège la prise sans « nettoyer » toute la voix.

ANTI-POP · POP FILTEREntre la bouche et le micro

Son écran dévie et répartit la bouffée des plosives. Il reste fixe sur le pied et aide aussi l’interprète à conserver une distance régulière.

BONNETTE · WINDSCREENAutour de la capsule

La mousse ou la fourrure réduit surtout le vent et les mouvements d’air autour du micro. Elle peut modifier légèrement l’aigu et ne remplace pas automatiquement un anti-pop en studio.

CE QU’IL NE CORRIGE PASNi sifflantes, ni pièce, ni saturation

Les S et CH demandent plutôt un changement d’angle, de distance ou un de-esser. L’anti-pop ne retire pas le bruit de fond, les réflexions ni un gain d’entrée trop élevé.

GUIDE DE DÉPART

Quel micro essayer en premier ?

Choisis la source, la pièce et ta priorité. Le résultat propose un point de départ, pas un classement absolu : le placement et l’écoute restent décisifs.

1 · La source
2 · La pièce
3 · La priorité
POINT DE DÉPART · VOIX CHANTÉE

Condensateur large membrane cardioïde

CONDENSATEURGRANDE MEMBRANECARDIOÏDE48 V

Dans une pièce maîtrisée, il offre généralement une bonne sensibilité et une prise détaillée de la voix.

ILLUSTRATION GÉNÉRIQUECondensateur grande membrane
VOIX→15–25 cm · filtre anti-pop→viser la bouche, légèrement hors axe si nécessaire
ALTERNATIVEDynamique cardioïde

À privilégier si la pièce ou les bruits environnants deviennent trop présents.

TECHNOLOGIEDynamique, condensateur ou ruban

Elle décrit le principe de transduction et ses contraintes.

MEMBRANEPetite ou grande

La taille ne dit pas à elle seule si le micro est « meilleur » ni s’il capte davantage de grave.

DIRECTIVITÉCardioïde, omni, figure en huit…

Elle décrit les directions captées et rejetées, avec un comportement qui varie selon la fréquence.

Approfondir sensibilité, bruit propre, niveau maximal et réponse hors axe →

DIRECTIVITÉ · POLAR PATTERN

D’où le microphone capte-t-il ?

Le diagramme polaire (polar pattern) représente la sensibilité autour du microphone, vu de dessus. Le haut du graphique correspond à l’avant. Il ne décrit ni la technologie du micro ni sa réponse en fréquence : un même modèle peut parfois proposer plusieurs directivités.

OMNIDIRECTIONNEL · OMNIDIRECTIONAL Capte tout autour

Utile pour saisir l’ambiance d’un lieu. Il n’existe pas de zone arrière fortement rejetée.

DEUX MICROS · PHASE

Un même son, deux temps d’arrivée

Si deux microphones captent la même source à des distances différentes, le second signal arrive en retard. À leur sommation, certaines fréquences s’ajoutent et d’autres s’atténuent : c’est le filtrage en peigne (comb filtering).

Retard Δt = Δd ÷ 343 → Déphasage Δφ = 360 × f × Δt Δd en m · f en Hz · Δt en s

MIC 1MIC 2SOMME · SUM
RETARD · DELAY0,00 ms
DÉPHASAGE ÉQUIV. · PHASE SHIFT0°
SOMME, RÉF. EN PHASE0,0 dB

Les deux signaux sont en phase : ils s’ajoutent.

AVEC UN SON COMPLEXELe déphasage dépend de la fréquence

Un même retard ne représente pas le même angle à 100 Hz et à 3 kHz. L’annulation ne touche donc pas tout le spectre de la même façon.

PHASE ≠ POLARITÉLe bouton Ø n’aligne pas les arrivées

Inverser la polarité retourne tout le signal. Cela peut améliorer une somme, mais ne compense pas un retard temporel entre deux micros.

EN PRATIQUEÉcouter la somme en mono

Déplace un micro, vérifie la polarité et compare régulièrement la somme mono. La règle 3:1 (3:1 rule) peut limiter la reprise commune, mais ne supprime pas le phénomène.

PREMIÈRE ÉCOUTE · RAW TAKE

Le son brut : pourquoi une bonne prise ne sonne pas « comme un disque »

Première prise, bon micro, bon préampli, réglages corrects… et à l’écoute, une déception : c’est plus faible, plus terne, moins « pro » que les titres qu’on écoute. C’est normal. Un enregistrement du commerce est le résultat d’une chaîne entière : prise, édition, mixage, mastering. La prise n’en est que le premier maillon. Un matériel professionnel garantit une captation fidèle et propre, pas un son de disque.

Ce qui manque à une prise brute, et c’est normal

NIVEAU

Plus faible

Une prise garde de la marge : crêtes vers −12 à −6 dBFS. Un titre masterisé est poussé par un limiteur, souvent de 10 dB ou plus en niveau moyen. Comparés tels quels, le brut paraît toujours « petit ».

DYNAMIQUE

Plus inégal

Des mots qui disparaissent, d’autres qui ressortent. Sur une voix de disque, plusieurs compresseurs et de l’automation de volume rendent chaque syllabe lisible.

TIMBRE

Moins brillant, parfois plus sourd

Aucune égalisation : le grave de proximité, les bas-médiums de la pièce et pas d’« air ». En production, on coupe le grave inutile et on accentue la présence.

ESPACE

Sec, ou au contraire « la chambre »

Pas de réverbe choisie : soit le son est très sec, soit on entend la pièce réelle. Les productions ajoutent un espace artificiel, réglé pour le morceau.

CONTEXTE

Seul, exposé

Une voix écoutée seule montre tout : souffle, bruits de bouche, petites imprécisions. Dans le mix, la musique en masque une grande partie.

FINITION

Une seule prise, non retouchée

En studio, la partie finale est souvent montée à partir de plusieurs prises, puis calée, accordée, nettoyée. C’est du travail d’édition, pas une propriété du micro.

Ce qui, en revanche, doit être juste dès la prise

Le mixage améliore une bonne prise, il ne répare pas une mauvaise. Pour juger une prise brute, on ne se demande pas « est-ce que ça sonne comme un disque ? » mais « est-ce propre et fidèle ? »

IRRÉPARABLE

Pas de saturation

Aucune crête à 0 dBFS, aucune distorsion du préampli. Un écrêtage reste dans le fichier.

REMONTE AU MIXAGE

Un bruit de fond discret

Ordinateur, ventilation, rue, souffle d’un gain trop poussé : la compression et le mastering le remonteront.

S’AJOUTE, NE S’ENLÈVE PAS

Une pièce peu présente

On peut ajouter de la réverbe, très difficilement en enlever. Rapprocher le micro, ou traiter les réflexions proches.

PLACEMENT

La bonne distance

Trop près : plosives, grave gonflé, sifflantes. Trop loin : pièce et bruit. Le placement décide du timbre plus que l’égaliseur.

MARGE

Un niveau sain

Ni trop faible (souffle remonté ensuite), ni trop proche de 0 dBFS : voir le gain.

INTERPRÉTATION

Le jeu

Justesse, mise en place, intention : aucun traitement ne remplace une prise bien jouée.

Brut ne veut pas dire neutre : le travail à la prise

En studio, le son n’attend pas le mixage pour se construire. Une bonne partie du travail se fait pendant l’enregistrement (le tracking), si bien que les pistes arrivent au mix déjà proches du résultat. Une prise « brute » n’est donc pas forcément une prise sans décision.

À LA SOURCE

Le son se fabrique avant le micro

Instrument réglé (cordes neuves, peaux accordées), ampli et son réglage, pièce, choix du micro et de sa position, caractère du préampli : ces choix façonnent le timbre plus que n’importe quel plugin ensuite.

IMPRIMÉ À LA PRISE

Un traitement enregistré dans le fichier

Souvent un coupe-bas, un peu d’égalisation et quelques décibels de compression, placés avant la conversion, sur du matériel ou dans le DSP de certaines interfaces. On s’engage : la piste sonne déjà juste. Mais c’est irréversible, donc on reste modéré.

À L’ÉCOUTE SEULEMENT

Des effets pour jouer, pas pour le fichier

Réverbe ou compression dans le casque, mais un fichier qui reste brut : c’est la solution prudente, qui inspire le musicien sans rien figer. Voir la réverbe de confort.

ROUGH MIX

Ce qu’on entend dans la régie

Pendant les séances, l’ingénieur monte un premier mixage d’écoute : niveaux, égalisation rapide, réverbe. La régie ne sonne donc pas « brut », même quand les fichiers le sont.

EN CAS DE DOUTE

Garder une sortie de secours

Imprimer un traitement et garder une version propre à côté : une piste directe (DI) pour une guitare, une seconde piste moins traitée, ou simplement l’écoute traitée et le fichier brut.

EN PRATIQUE

Pour une première séance

Soigner la source et le placement, enregistrer sans traitement, et ne mettre les effets que dans l’écoute. On imprimera des traitements quand on saura ce qu’on veut, et ce qu’on perd. Ce travail se fera alors avant le mix : voir préparer le matériau.

Avec du matériel : la chaîne d’entrée

En studio, ce travail passe souvent par des appareils placés entre le micro et l’interface : un préampli à la couleur recherchée, puis un égaliseur et un compresseur, en modules séparés (format 500, rack) ou réunis dans une tranche de console.

  1. Micro
  2. Préampli externe
  3. Égaliseur
  4. Compresseur
  5. Entrée ligne de l’interface
  6. DAW

Deux points pratiques : le préampli externe remplace celui de l’interface, donc on entre en ligne, pas sur l’entrée micro (qui saturerait) ; et ces réglages ne se rappellent pas avec le projet : on les note ou on les photographie.

À ne pas confondre avec l’insert externe : là, une piste déjà enregistrée sort de la DAW, traverse l’appareil et revient, pendant le mixage. Le même compresseur peut servir aux deux.

Essayer : du brut au produit

Écoute le brut, puis active les étapes d’une production une à une. Décoche ensuite « À niveau égal » : le traité devient beaucoup plus fort, et c’est surtout cela qui le fait paraître « pro ». Tu peux charger ta propre prise : elle reste dans ton navigateur.

Les réglages de l’outil sont volontairement génériques. Une vraie production les choisit pour chaque source et chaque morceau : voir le mixage et le mastering.

FICHE PDF · 2 PAGES
Son brut et travail à la prise

Ce qui manque à une prise brute, ce qui doit être juste dès la prise, le travail à la prise, la chaîne d’entrée et la préparation d’une prise de voix.

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02

PRÉAMPLIFICATION

Le gain et le préamplificateur (preamp)

Le niveau micro est faible. Le préamplificateur ajoute du gain avant la conversion. Trop peu de gain peut dégrader le rapport signal/bruit ; trop de gain peut saturer l’étage d’entrée. Le bon réglage garde une marge pour les crêtes imprévues.

Bruit Zone utile Marge Écrêtage
Comparer niveaux micro, phono, ligne et haut-parleur →
03

ENTRÉES, SORTIES ET CONVERSION

L’interface audio (audio interface)

L’ordinateur sait déjà lire et parfois enregistrer du son, mais ses prises intégrées sont conçues surtout pour le multimédia, un casque-micro ou la visioconférence. L’interface audio ajoute les fonctions nécessaires à l’enregistrement et au jeu musical.

SON INTÉGRÉ AU PC

Écouter et communiquer

  • Sortie casque ou haut-parleurs intégrés
  • Micro intégré ou prise combinée
  • Peu d’entrées et de réglages physiques
  • Pilote pensé pour un usage général
INTERFACE AUDIO

Enregistrer et jouer

  • Préamplis micro, entrées instrument et niveau ligne
  • Conversion multicanal et sorties symétriques
  • Pilote à faible latence et taille de buffer réglable
  • Monitoring direct, casque et niveaux indépendants
Interface audio générique : façade avec deux entrées, gains, volume Main Out et commutateur Direct Monitor Off / Mono / Stereo ; arrière avec USB, sorties et MIDI 1 2 3 4 5 6 7 8
Interface générique : façade à gauche, arrière à droite. Ici, un commutateur Direct Monitor propose Off / Mono / Stereo. D’autres interfaces utilisent un simple On / Off, un mélange Input / Playback ou une application de contrôle.
1 Entrées combo

Reçoivent généralement un XLR de microphone ou un jack de niveau ligne/instrument.

2 Gain d’entrée et 48 V

Le gain règle le niveau avant l’enregistrement. Trop haut, il peut saturer le préampli ou le convertisseur ; le bouton 48 V a une autre fonction.

3 Volume principal · Main Out

Règle le niveau envoyé aux enceintes. Il ne corrige ni le gain d’entrée ni un signal déjà enregistré trop fort.

4 Sortie casque

Permet une écoute dédiée, parfois avec un mix différent des enceintes.

5 USB vers l’ordinateur

Transporte l’audio numérique et parfois le MIDI, l’alimentation ou les commandes.

6 Sorties moniteurs

Deux sorties ligne symétriques alimentent normalement les enceintes gauche et droite.

7 MIDI DIN

Échange des commandes MIDI avec du matériel qui n’utilise pas l’USB.

8 · Direct Monitor : choisir le retour direct

Off : retour direct coupé. Mono : les deux entrées sont mélangées dans les deux oreilles. Stereo : entrée 1 à gauche, entrée 2 à droite. Ce commutateur ne choisit pas les entrées enregistrées dans le DAW et ne coupe pas le retour de l’ordinateur.

C’est une des formes possibles de cette commande : certains modèles proposent seulement On / Off, un dosage Input / Playback ou un réglage dans une application. Comparer les commandes et manipuler les trajets d’écoute →

DEUX BOUTONS · DEUX ENDROITS DU TRAJET

Le gain ne règle pas le même signal que le Main Out

Micro→GAIN
entrée
→Conversion→DAW→MAIN OUT
sortie
→Enceintes
AVANT L’ENREGISTREMENT · INPUT Le gain détermine ce qui entre

Il adapte le niveau du micro ou de l’instrument au préamplificateur. Il modifie le niveau enregistré, le rapport signal/bruit et le risque d’écrêtage à l’entrée.

APRÈS LA LECTURE · OUTPUT Le Main Out détermine ce que l’on entend

Il règle le niveau envoyé aux enceintes de monitoring. On peut l’abaisser sans changer la forme d’onde enregistrée ni le niveau affiché sur la piste d’entrée.

Et dans la DAW ? Clip gain, entrée et sortie des plugins, fader, master →

PILOTE AUDIO · WINDOWS

ASIO relie la DAW à l’interface

Brancher le câble USB ne suffit pas toujours. La DAW doit utiliser le bon système audio, puis le pilote qui expose les entrées, les sorties, la fréquence d’échantillonnage et les buffers de l’interface.

ASIO · Audio Stream Input/Output

ASIO est une architecture de pilote audio créée par Steinberg et surtout utilisée sous Windows pour le travail en temps réel. Elle permet à la DAW d’échanger directement des flux multicanaux avec un pilote adapté, avec une synchronisation précise et une latence généralement plus faible que le chemin audio partagé destiné aux usages courants.

WINDOWS · INTERFACE DÉDIÉE

ASIO + pilote du fabricant

DAW↔︎ASIO↔︎PILOTE CONSTRUCTEUR↔︎USB / THUNDERBOLT↔︎INTERFACE AUDIO

C’est normalement le premier choix pour enregistrer, jouer un instrument virtuel ou travailler en multicanal sous Windows.

À faire : installer le pilote prévu pour le modèle depuis le site de son fabricant, puis le sélectionner par son nom dans la DAW.

CE QU’ASIO APPORTEUn trajet temps réel

Buffers réglables, entrées et sorties séparées, horloge commune et faible latence lorsque le pilote et l’ordinateur restent stables.

CE QU’ASIO N’EST PASNi un câble, ni un format audio

Il ne remplace pas l’USB, le WAV ou l’interface. Il organise la communication logicielle avec le matériel.

QUALITÉ SONOREPas un embellisseur

ASIO ne rend pas automatiquement le son « meilleur ». Son intérêt porte surtout sur le routage, la stabilité et la latence.

Configuration de départ sous Windows

  1. Installer le pilote constructeur, puis connecter et allumer l’interface.
  2. Dans les préférences audio de la DAW, choisir ASIO comme système audio.
  3. Choisir le pilote du fabricant correspondant à l’interface — et non ASIO4ALL ou un pilote générique —, puis activer les plages d’entrées et de sorties utiles.
  4. Vérifier que l’interface et le projet utilisent la même fréquence d’échantillonnage.
  5. Enregistrer en 24 bits : on peut alors laisser de la marge sans ajouter de bruit (quels réglages choisir pour la session).
  6. Commencer par un buffer de 128 échantillons, puis comprendre et ajuster la latence avec le schéma ci-dessous.

Repère dans Reaper

Options → Preferences → Audio → Device

Choisir Audio system: ASIO, puis ASIO Driver. Vérifier ensuite Enable inputs, la première et la dernière entrée, les sorties et, si nécessaire, Request sample rate ou Request block size. Le bouton ASIO Configuration ouvre le panneau du pilote lorsqu’il en fournit un.

04

MONITORING

Le monitoring

Le monitoring est le signal que l’interprète ou le technicien écoute pendant l’enregistrement. La question importante est : le son passe-t-il par l’ordinateur avant de revenir dans le casque ?

Où régler le retour direct, le mélange Input / Playback et l’écoute mono/stéréo sur l’interface ? →

Action→Délai→Son entendu

La latence est le délai entre la production d’un son et son retour dans l’écoute. Quelques millisecondes peuvent déjà donner une sensation de décalage pour la voix ou un instrument joué en direct.

CHEMIN COURT · ZERO-LATENCY MONITORING
Micro→Préampli→Mix direct de l’interface→Casque

Le signal est envoyé vers le casque à l’intérieur de l’interface, avant le trajet USB. L’ordinateur peut enregistrer en parallèle.

ALLER-RETOUR DANS L’ORDINATEUR · SOFTWARE MONITORING
Micro→Conversion + USB→DAW · buffer · effets→USB + conversion→Casque

Le signal traverse le pilote, les buffers et éventuellement les plug-ins avant de revenir. On entend les traitements, mais avec davantage de délai.

LATENCE RESSENTIEQuasi immédiate

Le retour direct n’attend pas les buffers de l’ordinateur.

Pour le chemin système, le chiffre affiché est un ordre de grandeur à 48 kHz : deux buffers plus une estimation fixe du pilote et des conversions. La valeur réelle dépend de l’interface, du pilote, du DAW et des plug-ins.

Choisir ASIO, WASAPI ou Core Audio selon la situation →
DIRECT

Très peu de délai

Idéal pour la voix et les instruments acoustiques. En contrepartie, le musicien n’entend généralement pas les effets du DAW, sauf si l’interface possède son propre traitement DSP.

SYSTÈME

Les effets sont audibles

Utile pour un ampli virtuel, une réverbération ou un instrument logiciel. Il faut alors un pilote adapté et un buffer suffisamment petit sans provoquer de craquements.

Où régler ce que l’on entend ?

Brancher le casque sur l’interface ne dit pas quel trajet on écoute. Le monitoring direct se règle sur l’interface ou dans son application de contrôle ; le monitoring logiciel (software / input monitoring) s’active sur la piste du DAW. Les deux peuvent fonctionner en même temps.

Un bouton Direct Monitor

Active le retour des entrées vers le casque et, selon l’appareil, les sorties principales. Il ne coupe généralement pas la lecture de l’ordinateur. Certaines interfaces proposent Off / Mono / Stereo, d’autres seulement On / Off.

Un dosage Input ↔︎ Playback

Le bouton Mixer, Mix ou Input / USB mélange le retour direct avec le retour ordinateur. Vers Input, on entend davantage sa prise ; vers Playback, davantage le projet. À fond Input, l’accompagnement peut disparaître ! Ce dosage ne règle pas le niveau enregistré.

Un sélecteur USB / Direct

Les positions peuvent choisir le retour USB seul ou ajouter les entrées, parfois en mono ou en stéréo. Le mot « Direct » ne suffit pas à décrire toutes les positions : lire les inscriptions et le manuel de l’appareil.

Une application de contrôle

Une table de mixage à l’écran peut régler le retour direct de l’interface, avec niveaux, panoramiques et mix casque. Même si on la pilote sur l’ordinateur, ce retour ne traverse pas les pistes du DAW.

Trois fonctions différentes : le Gain règle l’entrée avant l’enregistrement ; Mix / Direct Monitor choisit ou équilibre les trajets d’écoute ; Phones / Main Out / Monitor règle le volume final du casque ou des enceintes. Un bouton simplement nommé « Monitor » peut donc être un volume de sortie.

M’entendre avec très peu de retard

Activer le retour direct ou doser Input / Playback. Désactiver le monitoring d’entrée de la piste dans le DAW, tout en gardant la piste armée pour enregistrer. Les autres pistes du projet peuvent continuer à jouer.

M’entendre avec les effets du DAW

Couper le retour direct ou tourner le mélange vers Playback / USB. Dans le DAW, choisir l’entrée, armer la piste si nécessaire et activer son monitoring d’entrée, souvent représenté par un haut-parleur. Régler le pilote et le buffer pour limiter le retard.

Deux entrées : deux sources mono ou une source stéréo ?

En écoute directe mono, les deux entrées sont mélangées au centre, dans les deux oreilles. En écoute directe stéréo, l’entrée 1 va à gauche et l’entrée 2 à droite sur le modèle illustré ici. Toutes les interfaces n’offrent pas ce choix : le routage peut être fixe.

Suivre les trajets jusqu’au casque · Simulation visuelle, sans émission de son.

Entrées de l’interface

↳ Retour direct → casque

↳ USB → DAW → effets → casque

En parallèle : USB → enregistrement

Changer Mono / Stéréo sur le retour direct ne change pas les canaux envoyés au DAW dans cet exemple.

« Mon micro ne sort que d’une oreille » : vérifier d’abord le retour direct stéréo. Si le problème vient du DAW, vérifier que la piste reçoit l’entrée mono 1 plutôt que la paire stéréo 1–2, puis contrôler son panoramique. Entendre une source dans les deux oreilles ne signifie pas qu’elle est stéréo.

Pour une voix et une guitare, créer deux pistes mono permet de les traiter séparément. Pour un clavier L/R ou un couple de micros destiné à une prise stéréo, choisir la paire 1–2 sur une piste stéréo, ou deux pistes mono correctement routées. Additionner une vraie prise stéréo en mono réduit sa largeur et peut révéler des annulations de phase.

Comprendre les deux trajets et la latence → · Revoir mono, stéréo et panoramique →

Exemples de commandes réelles et documentation

La Scarlett Solo de 3e génération propose un retour direct mono ; la 2i2 de 3e génération ajoute le choix mono/stéréo. L’AudioBox USB 96 illustre le mélange progressif Inputs / Playback. Ces exemples montrent différentes commandes, pas un réglage universel pour toutes les interfaces.

Focusrite : monitoring direct · PreSonus : manuel AudioBox USB 96

Enceintes (studio monitors)

Elles font intervenir la pièce, la position d’écoute et la distance. Une géométrie symétrique et un niveau modéré facilitent les comparaisons.

Références (references)

Comparer à des productions connues et vérifier sur plusieurs systèmes évite de corriger excessivement son propre dispositif d’écoute.

05

GUITARE · BASSE · DI

Enregistrer une guitare ou une basse électrique

Les micros d’une guitare ou d’une basse électrique produisent un signal faible, à haute impédance. Branché dans une entrée ligne ou micro ordinaire, il perd ses aigus et paraît terne. Il faut une entrée prévue pour lui : l’entrée instrument, souvent marquée Inst ou Hi-Z sur l’interface.

ENTRÉE INSTRUMENT · HI-ZLe bon branchement direct

Un câble jack TS de la guitare vers l’entrée instrument de l’interface, ou vers l’entrée combo avec le bouton Inst/Hi-Z enclenché. Le signal garde toute sa brillance.

BOÎTE DE DIRECT · DI BOXTransformer le signal

Elle convertit le signal de l’instrument en signal symétrique à basse impédance, au niveau micro, pour une entrée XLR ou un long câble. Un bouton ground lift aide souvent à supprimer une ronflette.

NIVEAURégler sur les attaques les plus fortes

Joue le passage le plus énergique en réglant le gain : des crêtes vers −12 à −6 dBFS. Les micros actifs sont plus forts que les micros passifs.

AVANT DE JOUERAccorder, et un câble en bon état

Un câble qui craque ou une guitare désaccordée se retrouvent dans la prise. Les accordeurs intégrés aux DAW font gagner du temps.

Trois façons d’enregistrer

EN DIRECT + SIMULATION

DI et ampli virtuel

GUITARE→ENTRÉE
Hi-Z
→PISTE
son direct
→SIMULATION D’AMPLI

Silencieux, rapide, idéal à la maison. On enregistre le son direct, propre, et l’ampli est un plugin : on peut changer de son après la prise.

AMPLI + MICRO

Capter l’ampli réel

GUITARE→AMPLI→MICRO
devant le haut-parleur
→PRÉAMPLI

Le son de l’ampli et de la pièce, avec son caractère. Mais le son est figé à la prise, et il faut pouvoir jouer fort.

LES DEUX À LA FOIS

DI et micro sur deux pistes

GUITARE→DI
sortie directe + renvoi
→AMPLI + MICRO

On garde le son de l’ampli et un son direct de secours. Les deux pistes arrivent légèrement décalées : il faut vérifier leur phase avant de les mélanger.

La simulation d’ampli et le réamping

JOUER À TRAVERS LE PLUGINSurveiller la latence

Pour entendre la simulation en jouant, le son passe par l’ordinateur : il faut une petite mémoire tampon, sinon le décalage gêne le jeu. Voir pilote et buffer.

ENREGISTRER SECGarder la porte ouverte

Même en jouant avec la simulation, on enregistre le son direct, sans effet. Le plugin reste sur la piste et peut être changé jusqu’au mixage.

RÉAMPINGRenvoyer la prise vers un vrai ampli

Plus tard, la piste directe peut ressortir de l’interface vers un ampli réel, via une boîte de réamping, puis être captée au micro. Voir le workflow hybride.

BASSELe direct est roi

En basse, le son direct est très souvent enregistré, seul ou avec un ampli : il donne un grave stable et précis au mixage.

CANAUX AUDIO · AUDIO CHANNELS

Mono et stéréo

Mono ou stéréo décrit le nombre de canaux distincts, pas le nombre de microphones visibles, de fiches utilisées ou d’enceintes allumées.

MIC → M → L R

Un micro, un canal mono

Un seul microphone produit normalement un seul canal. Envoyé pareillement vers les enceintes gauche et droite, le signal reste mono et forme une image fantôme au centre.

MIC L MIC R → L R → L R

Un couple de micros (stereo pair)

Deux microphones placés selon une technique stéréo créent deux signaux différents. L’un alimente le canal gauche, l’autre le canal droit.

L R → L R

Deux enceintes ne créent pas la stéréo

Une diffusion sur deux enceintes peut reproduire un fichier mono. Pour obtenir une image stéréo, les canaux L et R doivent contenir des informations différentes.

EN ENTRÉE · INPUT

Une entrée = généralement un canal

  • Une entrée micro XLR est presque toujours mono.
  • Une « entrée stéréo » est souvent une paire de deux entrées mono : L et R.
  • Sur un synthétiseur, L/Mono peut sommer les deux canaux internes quand R n’est pas branché. Le comportement exact dépend de l’appareil.
  • Brancher un micro mono dans l’entrée gauche d’une piste stéréo ne crée pas une prise stéréo : le canal droit peut rester vide.
EN SORTIE · OUTPUT

Une sortie stéréo = deux canaux

  • Les sorties principales L et R sont deux sorties mono qui forment ensemble une paire stéréo.
  • Un casque reçoit L et R sur un seul jack TRS : c’est une liaison stéréo asymétrique.
  • Un jack TRS de sortie mono symétrique utilise ses contacts pour chaud, froid et masse : il ne transporte alors pas L et R.
  • Deux XLR de sortie, L et R, transportent généralement chacun un canal mono symétrique.

PLACEMENT GAUCHE / DROITE · LEFT / RIGHT

Panoramique ou balance ?

Les deux commandes peuvent utiliser le même bouton, mais elles ne reçoivent pas le même signal et n’effectuent pas la même opération.

PISTE MONO · PAN

Le panoramique répartit une source

Une seule entrée mono est envoyée en proportions différentes vers les sorties gauche et droite. Au centre, c’est le même signal qui alimente les deux canaux.

PISTE STÉRÉO · BAL

La balance dose deux canaux existants

Les entrées L et R contiennent déjà des informations distinctes. Tourner vers la gauche réduit généralement le canal droit sans déplacer son contenu dans le canal gauche.

ENTRÉEMun signal mono
ENTRÉESLRdeux signaux différents
Sortie gauche · L−3,0 dB
Sortie droite · R−3,0 dB

Au centre, le même signal mono alimente L et R. Une loi de panoramique peut l’atténuer sur chaque côté pour éviter une hausse de niveau au centre.

COMMANDE
SIGNAL D’ENTRÉE
TOUT À GAUCHE
AU CENTRE
PanUn canal mono MM va vers L ; R ne reçoit plus MM est envoyé vers L et R BalanceDeux canaux L et RL reste ; R est atténué ou coupéL et R restent à leur niveau
BALANCEUn côté baisse

La commande conserve l’organisation L/R du fichier et atténue l’un des deux canaux.

STEREO PANL’image entière se déplace

Un véritable panoramique stéréo repositionne les deux canaux tout en conservant, selon l’outil, leur écart relatif.

DUAL PANL et R ont deux panoramiques

Chaque canal possède sa propre position. On peut réduire la largeur, inverser les côtés ou placer les deux canaux au même endroit.

WIDTHL’écart entre L et R change

La largeur resserre les deux côtés vers le centre ou les écarte sans nécessairement déplacer le centre de l’image.

AUDIO, MIDI ET DONNÉES

Relier le matériel MAO

Une fiche décrit une forme physique ; elle ne suffit pas toujours à dire ce qui circule. Il faut identifier le signal, le protocole, le sens de la liaison et la compatibilité des appareils.

Approfondir les extensions audio numériques et les surfaces de contrôle →
Micro XLR · audio analogique → Interface audio USB · audio numérique → Ordinateur
Contrôleur USB MIDI ou DIN MIDI → Instrument / ordinateur
Ordinateur USB → Interface audio TRS L + R · audio analogique → Enceintes
Liaison
Transporte
Usage courant
À vérifier
XLR, TRS, TS, RCA Audio analogique Micros, instruments, lignes, enceintes et casque Niveau, mono/stéréo, symétrique/asymétrique MIDI DIN ou MIDI TRS Commandes MIDI Notes, contrôleurs, horloge et programmes Pas d’audio ; MIDI TRS type A ou B selon l’appareil USB-A, USB-B ou USB-C Données numériques et parfois alimentation Audio, MIDI, stockage, contrôleurs et interfaces La forme USB-C ne garantit ni la vitesse ni les fonctions Ethernet Réseau, contrôle ou audio selon le protocole Grandes installations, surfaces de contrôle, audio en réseau Les appareils doivent utiliser des protocoles compatibles Bluetooth Audio compressé ou MIDI selon le profil Écoute grand public, commandes ou contrôleurs compatibles Latence et stabilité : rarement adapté au monitoring en direct Wi-Fi / radio 2,4 GHz Réseau, contrôle ou liaison propriétaire Applications de contrôle, fichiers ou accessoires dédiés Ce n’est pas une liaison audio universelle ; vérifier le système

LIAISONS ANALOGIQUES

Liaisons symétriques (balanced) et asymétriques (unbalanced)

Dans une liaison symétrique, le récepteur mesure la différence entre deux conducteurs portant des signaux opposés. Un bruit capté de manière commune peut alors être fortement rejeté.

Signal reçu Aucun bruit injecté
TRS n’est pas toujours symétrique

Le même connecteur peut servir à une liaison stéréo asymétrique ou mono symétrique. C’est le câblage et le circuit qui déterminent la fonction.

RECONNAÎTRE LES FICHES · CONNECTORS

XLR, jacks et RCA

La photographie aide à reconnaître la fiche. Le nombre de contacts renseigne sur les possibilités, mais seul le câblage de l’appareil indique la fonction réelle.

Photographie réaliste d’une fiche XLR à trois broches, de jacks TS, TRS et TRRS, puis d’une fiche RCA
Sur les jacks, compte les bandes isolantes noires : une pour TS, deux pour TRS, trois pour TRRS.
Fiche
Contacts
Usage fréquent
Attention
XLR 3 1 masse · 2 chaud · 3 froid Micro ou ligne mono symétrique (balanced mono) Une seule XLR ne transporte généralement pas une stéréo analogique. TS T pointe · S corps Mono asymétrique (unbalanced mono) : instrument, pédale Une bande isolante, donc deux contacts seulement. TRS T pointe · R anneau · S corps Mono symétrique ou stéréo asymétrique La fiche est identique ; le circuit détermine si R signifie « froid » ou « droite ». TRRS T · R · R · S Casque stéréo + micro mono, commande ou autre liaison combinée Les normes CTIA et OMTP n’attribuent pas toujours les contacts de la même façon. RCA Broche centrale · couronne Un canal mono asymétrique par câble Une paire rouge/blanche est nécessaire pour une liaison stéréo.