M MAO PERSAN

OUTILS INFORMATIQUES

Les logiciels audio

Les logiciels audio ne remplissent pas tous le même rôle. Le bon outil dépend d’abord de l’objet sur lequel on travaille.

prise_voix.wav
00:00 00:15 00:30
Un fichier, une forme d’onde, une zone sélectionnée.
TRAVAILLE SUR UN FICHIER

Éditeur audio (audio editor)

Affiche et transforme un ou quelques fichiers sonores. Il excelle pour couper précisément, nettoyer, normaliser, convertir ou traiter un enregistrement.

  • Vue centrée sur la forme d’onde
  • Montage précis à l’échantillon
  • Traitements souvent appliqués au fichier
  • Idéal pour préparer et restaurer
morceau_01
DRUMS BASS SYNTH VOICE
Pattern 01 Pattern 02 Bass Chords Voice 01 Voice 02
DR BS SY VO BUS
Plusieurs pistes et clips, puis une table de mixage.
TRAVAILLE SUR UN PROJET

Station de travail audionumérique (DAW)

La DAW organise de nombreuses pistes audio et MIDI sur une timeline, avec routage, mixage, automation, plugins et synchronisation.

  • Projet multipiste et non destructif
  • Enregistrement et montage
  • Mixage, bus et automation
  • Production complète dans le temps
au_clair_de_la_lune
Des portées, des mesures et des figures de notes.
TRAVAILLE SUR UNE PARTITION

Éditeur de partition (score editor)

Écrit la musique pour qu’elle soit lue et jouée par des musiciens : notes sur la portée, mesures, nuances, mise en page, puis impression ou export.

  • Vue centrée sur la notation
  • Saisie à la souris, au clavier ou au clavier MIDI
  • Mesures complétées et liaisons automatiques
  • Export PDF, MusicXML et MIDI
Découvrir l’éditeur de partition →

AU CŒUR DE LA MAO

Comment fonctionne une DAW ?

Une station de travail audionumérique (digital audio workstation) rassemble les sources dans des pistes, les place dans le temps, les traite puis les dirige vers une ou plusieurs sorties. Une piste n’est donc pas seulement une ligne à l’écran : c’est aussi un chemin de signal.

01 · TRACK TYPES

Les principaux types de pistes

Les noms varient légèrement selon le logiciel. Clique un type pour voir ce qu’il reçoit, contient et envoie.

AUDIOVoix principale
RMS
prise_voix_03.wav

REÇOIT · INPUTEntrée audio ou fichier

CONTIENTClips audio et formes d’onde

ENVOIE · OUTPUTBus ou Master

USAGEEnregistrer une voix ou un instrument

02 · TRACK CONTROLS

Les commandes d’une piste

Sélectionne une commande dans la tranche de piste. Son état concerne cette piste ; le bouton Record du transport concerne l’enregistrement global.

Voix leadpiste 3 · audio mono

Mêmes commandes, deux fenêtres : le mixeur les empile dans une tranche verticale ; la fenêtre d’édition les place dans l’en-tête de piste et dans l’inspecteur.

INPUT / OUTPUT · I/O

Entrée et sortie

L’entrée choisit la source reçue par la piste. La sortie choisit sa destination : Master, bus, sortie matérielle ou appareil MIDI selon le type de piste.

À vérifierUne bonne piste avec la mauvaise entrée n’enregistre rien.
RRecord Arm

Prépare la piste à recevoir l’enregistrement.

◉Input Monitoring

Permet d’écouter l’entrée à travers la DAW.

MMute

Coupe la piste dans le mixage.

SSolo

Écoute cette piste en isolant les autres.

03 · TRANSPORT

La barre de transport

Les commandes de piste agissent sur une piste ; le transport agit sur tout le projet : il lance, arrête et déplace la lecture, et affiche où l’on se trouve. Clique sur chaque élément : il s’explique, et il fonctionne.

La barre d’espace

Lecture et arrêt dans presque toutes les DAW : le premier raccourci à connaître.

Stop : revenir ou rester ?

Un réglage décide si la tête revient au point de départ ou reste sur place. Un second Stop renvoie souvent au début.

Une position, quatre écritures

Mesures pour composer, minutes pour la durée, timecode pour l’image, échantillons pour la précision.

Les mêmes repères

Les repères gauche et droit servent à la boucle, au punch et à l’export. Voir le punch →

Le tempo en pratique

Le tempo n’est pas qu’un chiffre dans la barre de transport : il fixe la grille, la durée des mesures, le métronome et la synchronisation des effets. On peut le mesurer, le faire évoluer au cours du morceau et y caler un enregistrement.

Mesurer un tempo : le « tap tempo »

La plupart des DAW ont un bouton sur lequel on tape en rythme pour régler le tempo. Essaie :

Les durées en millisecondes servent à régler un délai non synchronisé : 60 000 ÷ tempo donne la durée d’une noire.

Changer de tempo et de mesure

La piste de tempo (tempo map) enregistre les changements : un palier change brusquement le tempo, une rampe le fait évoluer progressivement. Un changement de chiffrage (ici 4/4 → 3/4) se place de la même façon, au début d’une mesure.

809010011012013012345678910111213141516120 BPM · 4/4palier : 90 BPM · 3/4rampe : accélérationtempo (BPM)mesures
Ce qui suit le tempo

Les clips MIDI, la grille, le métronome, les délais et LFO synchronisés : ils se recalent automatiquement.

Ce qui ne le suit pas

Un enregistrement audio garde sa vitesse. Pour qu’il suive un nouveau tempo, il faut activer l’étirement temporel (warp, time-stretch).

Jouer sans métronome

On peut enregistrer librement, puis adapter la grille au jeu (détection du tempo, placement des temps) au lieu de forcer le musicien à suivre un clic.

Choisir le tempo avant

Changer le tempo après avoir enregistré de l’audio oblige à l’étirer. Fixer le tempo au début de la séance évite des manipulations.

04 · LEVEL METERING

Le crête-mètre (peak meter)

Le crête-mètre affiche les niveaux les plus élevés atteints par le signal. Dans une DAW, il sert surtout à repérer les transitoires et à vérifier qu’aucune crête ne dépasse la limite numérique.

CRÊTE · PEAK−9 dBFS
NIVEAU RMS−18 dBFS
dBFS
Comportement du signal
MARGE · HEADROOM9 dB avant 0 dBFS

La crête dépasse ici le niveau RMS de 9 dB.

PEAK · CRÊTESurveille l’instant le plus haut

Le crête-mètre réagit vite. Il révèle une attaque brève qui pourrait saturer, même si le reste du signal semble modéré.

dBFS · FULL SCALEUne échelle avec une référence

0 dBFS correspond à la plus grande amplitude numérique représentable. Les niveaux utilisables sont donc généralement négatifs : −18, −12 ou −6 dBFS.

RMS · ROOT MEAN SQUAREUne valeur efficace

Le RMS résume l’énergie moyenne du signal sur une durée donnée. Il évolue moins vite que la crête et renseigne mieux sur un niveau soutenu, sans mesurer exactement la sonie perçue.

METER POINTL’endroit de mesure compte

Selon la DAW, le mètre peut afficher le signal avant ou après les plugins et le fader. Il faut donc savoir à quel point du trajet il est placé.

Revoir la référence, la formule et l’échelle du dBFS →
05 · ROUTING

Le trajet du signal

Le routage (routing) désigne les chemins entre sources, pistes, traitements, bus et sorties. Le logiciel doit savoir d’où vient le signal et où il doit aller.

ENTRÉE
Input 1
→PISTE
Voix
→INSERTS
EQ · Comp
→FADER / PAN→MASTER→SORTIE
Main Out
Départ auxiliaire · Send↘︎BUS / RETURN
Réverbération
→MASTER
INSERTEn série

Tout le signal de la piste traverse successivement les plugins insérés.

SEND / RETURNEn parallèle

Une copie est envoyée vers un bus, souvent pour partager une réverbération ou un délai.

BUSRegrouper

Plusieurs pistes sont dirigées vers une même tranche pour les traiter et les régler ensemble.

06 · GAIN STAGING

Gain, volume, trim : où agit le réglage ?

Sur l’interface, deux niveaux suffisent : le gain du préampli règle ce qui entre, le Main Out ce qui sort. Dans la DAW, la même idée se répète à chaque boîte : le clip, chaque plugin, chaque piste et le master ont une entrée et une sortie.

Une seule règle

Dans la DAW, gain, volume, trim ou fader : c’est la même opération. Le signal est multiplié par un nombre. 0 dB ne change rien, un nombre positif fait monter, un nombre négatif fait baisser (−6 dB, c’est environ la moitié de l’amplitude). Ce qui compte, c’est où se trouve le réglage : avant ou après le traitement.

Le nom affichéCe que c’estOù il agit
Gain (préampli)amplification analogiqueavant la conversion, dans l’interface
Clip gain, input trimgain numériquetout au début, avant les plugins
Input, drive d’un plugingainjuste avant ce traitement
Output, make-up d’un plugingainjuste après ce traitement
Fader, volume de pistegainà la sortie de la piste
Mastergainà la sortie de la DAW, avant la conversion
Volume d’écouteamplification analogiqueaprès la conversion, sur l’interface

Essayer : monter de 8 dB, mais où ?

Comme dans une DAW, le témoin du master garde la crête la plus haute jusqu’au prochain réglage. La piste batterie traverse un saturateur, un plugin qui réagit au niveau qu’il reçoit. Monte-la de 8 dB avec le fader, puis avec le clip gain : le volume grimpe dans les deux cas, mais le son ne change que dans le second. Coche « Comparer à niveau égal » pour n’entendre que ce changement.

AVANT LE TRAITEMENTLe traitement réagit

Saturation, compresseur, gate, émulation analogique : leur effet dépend du niveau qu’ils reçoivent. Beaucoup d’émulations sont calibrées pour un niveau moyen autour de −18 dBFS.

APRÈS LE TRAITEMENTSeul le volume change

Un fader ou une sortie de plugin ne modifie pas le son du traitement placé avant : il règle sa place dans le mix.

À LA SORTIELa seule vraie limite

Dans la DAW, le calcul en virgule flottante ne coupe rien. Mais la sortie vers la conversion, comme un export en 16 ou 24 bits, écrête au-dessus de 0 dBFS.

07 · RECORD & EDIT

Enregistrer puis monter

L’enregistrement crée un nouveau fichier et un clip qui le référence. Le montage organise ensuite les clips dans le projet.

Enregistrer (recording)

  1. 1

    Créer le bon type de pisteAudio pour un microphone ; instrument ou MIDI pour des messages.

  2. 2

    Choisir l’entréePar exemple Input 1 de l’interface ou un clavier MIDI.

  3. 3

    Régler le gain à la sourceLe préampli de l’interface règle le niveau enregistré ; le fader de piste règle le mixage.

  4. 4

    Armer la pisteRec Arm autorise cette piste à enregistrer.

  5. 5

    Choisir le monitoringDirect pour éviter le délai, ou système pour entendre les traitements.

  6. 6

    Lancer RecordLe transport démarre l’écriture dans un nouveau fichier.

Montage de base (editing)

Sélectionner

Choisir le clip ou la zone concernée.

Déplacer / copier

Organiser les événements sur la timeline.

Scinder (split)

Créer deux clips à un point précis.

Raccourcir (trim)

Masquer le début ou la fin sans effacer la source.

Fondre (fade)

Éviter un clic et créer une entrée ou sortie progressive.

Grille / quantifier

Aligner le temps, surtout pour les événements MIDI.

Enregistrer en pratique : déclenchement, pré-roll, punch in/out, boucles et prises → Ouvrir le piano roll interactif : notes, vélocités, CC et quantification →
MONITORING DIRECTEntrée → interface → casque

Très peu de latence, mais les plugins de la DAW ne sont généralement pas entendus sur ce trajet.

OU
MONITORING SYSTÈMEEntrée → DAW → plugins → sortie

Permet d’entendre le projet et les effets, avec une latence dépendant notamment du buffer.

08 · EDIT MODES

Les modes de montage

Glisser un clip, le raccourcir, le supprimer : le même geste ne donne pas le même résultat selon le mode de montage actif. Il vaut mieux savoir lequel est allumé avant de toucher à une piste.

SLIP · LIBRELe clip va où on le lâche

Aucune contrainte : idéal pour un recalage fin à l’oreille, risqué quand on veut rester sur le temps.

GRID · GRILLELe clip se colle à la grille

Absolue : son début saute sur la ligne la plus proche. Relative : il avance par pas de grille en gardant son décalage, utile pour une anacrouse ou un jeu volontairement en avance.

SHUFFLE · BOUT À BOUTLes clips restent collés

Les clips d’une piste se suivent sans trou ni chevauchement. Glisser un clip l’échange avec son voisin ; supprimer ou raccourcir un clip fait avancer tous les suivants. Pratique pour resserrer une interview.

RIPPLE · PROPAGATIONLa suite glisse en bloc

Déplacer, raccourcir ou supprimer un clip décale du même écart tous les clips qui viennent après, en gardant leurs espaces. Selon le réglage, sur la même piste seulement, ou sur toutes les pistes à la fois. Indispensable en podcast : on retire une hésitation ou un silence, et voix, musique et ambiance reculent ensemble.

SPOT · POSITION EXACTEOn tape la position

Le clip se place à une position saisie au clavier (mesure et temps, ou timecode). Le mode des bruitages et de la post-production, où un son doit tomber sur une image.

« Slip », « grid », « shuffle » et « spot » sont les noms de Pro Tools. Le ripple edit (propagation) vient d’autres DAW et du montage vidéo ; il ne faut pas le confondre avec le shuffle : le shuffle recolle les clips bout à bout, le ripple fait glisser la suite telle quelle. Ailleurs, la grille s’appelle souvent magnétisme ou aimant (snap), et la position exacte se tape dans l’inspecteur du clip.

Essayer : même geste, cinq modes

La batterie sert de référence : elle ne bouge qu’en propagation sur toutes les pistes. Choisis un mode, puis glisse un clip de voix, tire son bord droit pour le raccourcir, ou supprime-le. Lance l’écoute pour entendre si la voix reste à sa place. Au clavier : flèches pour déplacer le clip choisi, touche Suppr pour le supprimer.

clip qui commence sur un tempsclip qui commence entre deux temps

09 · RACCORD · CUT · FADE

Pourquoi une coupe peut produire un clic

Un clic audio n’est pas un « petit son ajouté » par le logiciel. Il peut apparaître lorsque le signal saute instantanément d’une valeur à une autre au point de coupe : silence → clip, clip → silence ou clip A → clip B.

FORME D’ONDE AUTOUR DU RACCORD
CLIP ACLIP BPOINT DE COUPE
DISCONTINUITÉLa valeur saute au raccord

Cette variation extrêmement rapide contient de nombreuses fréquences. Elle peut être entendue comme un clic bref, même si les deux clips sont corrects séparément.

SAUT D’AMPLITUDEdans le temps→SPECTRE LARGEvariation très rapide→CLIC AUDIBLEsouvent bref et aigu
SILENCE → CLIPLe clip commence loin de zéro

Le signal passe brusquement du silence à la première valeur du clip. Un court fondu d’entrée peut rendre cette transition progressive.

CLIP → SILENCELe clip s’arrête loin de zéro

Le signal tombe immédiatement vers le silence. Un court fondu de sortie ramène progressivement l’onde vers zéro.

CLIP A → CLIP BLes deux bords ne se rejoignent pas

Même sans silence, les valeurs ou les ambiances peuvent différer. Un fondu enchaîné traite alors le raccord entre les deux clips.

01 · ZERO CROSSINGCouper près d’un passage par zéro

Lorsque l’onde est proche de sa ligne d’équilibre, le saut d’amplitude est généralement plus faible. Avec un signal complexe ou stéréo, tous les canaux ne passent pas forcément par zéro au même instant.

02 · FADEAjouter un fondu court

Un fondu de sortie ramène progressivement le premier clip vers le silence ; un fondu d’entrée fait l’inverse pour le second.

03 · CROSSFADERecouvrir les deux clips

Le fondu enchaîné diminue un clip pendant que l’autre augmente. Il évite un raccord sec et peut aussi masquer une petite différence de niveau ou d’ambiance.

Les courbes de fondu

Un fondu fait varier le gain d’un clip dans le temps. Sa durée compte, mais aussi sa forme : deux fondus de même durée peuvent sonner très différemment, parce que l’oreille perçoit le niveau de façon proche des décibels, pas de l’amplitude. Choisis une situation et une courbe, regarde les deux graphiques, puis écoute.

2 À 10 MSSupprimer un clic

Un fondu très court en début et en fin de clip suffit à éviter la discontinuité. Sa forme s’entend à peine.

20 À 100 MSRaccorder deux prises

Un fondu enchaîné court, souvent en S, rend le passage inaudible entre deux prises d’un même passage.

QUELQUES SECONDESFondu musical

Pour terminer un morceau ou faire entrer une nappe, la forme devient audible : exponentielle pour une baisse régulière, logarithmique pour garder le son présent plus longtemps.

10 · AUTOMATION

Faire évoluer un réglage dans le temps

L’automation est une courbe qui fait varier un paramètre au cours du morceau : volume, panoramique, envoi ou réglage de plugin. La DAW rejoue ces mouvements à chaque lecture, exactement de la même façon.

OFFIgnorer

La courbe existe mais n’est pas lue : utile pour comparer avec et sans.

READ · LECTURERejouer

Le mode normal une fois l’automation terminée : le fader bouge seul, rien n’est modifié par erreur.

TOUCHCorriger un passage

On écrit seulement tant qu’on tient le fader ; au relâchement, on retrouve la courbe. Le mode le plus sûr pour retoucher.

LATCHChanger la suite

Comme Touch, mais la nouvelle valeur reste écrite après le relâchement : pratique pour un changement durable.

WRITETout réécrire

Écrit dès le départ, partout où passe la lecture. Puissant et risqué : un oubli efface tout le travail précédent.

Dessiner ou enregistrer ?

Au crayon, on trace des formes précises (fondu, montée régulière). En enregistrant, on garde un geste musical, souvent avec un contrôleur physique.

Les couloirs d’automation

Chaque paramètre automatisé a son couloir (lane) sous la piste. Un plugin s’automatise en choisissant son paramètre, ou en touchant son bouton pendant l’écriture.

Gain de clip ou automation ?

Le gain de clip agit avant les plugins : idéal pour égaliser les niveaux d’une voix avant un compresseur. L’automation du fader agit après : pour les mouvements du mix.

« Mon fader ne bouge plus »

En mode Lecture, le fader est piloté par la courbe : un réglage à la main est aussitôt annulé. Passer en Touch, ou désactiver l’automation.

Les noms et les modes varient un peu selon les logiciels (Read, Touch, Latch, Write, parfois Trim ou un simple bouton d’armement de l’automation), mais la logique reste la même.

DEUX FAÇONS DE TRAVAILLER

Timeline ou grille de clips

Jusqu’ici, la DAW a été présentée comme une timeline : le morceau se lit de gauche à droite, du début à la fin. Beaucoup de logiciels proposent aussi une grille de clips : des boucles rangées par piste, qu’on lance, combine et arrête pendant que la musique tourne. Ableton Live l’a popularisée avec sa vue Session. On la retrouve aujourd’hui, sous d’autres noms, dans d’autres DAW.

TIMELINE · ARRANGEMENT

Le temps est une ligne

Chaque clip a une place précise : la mesure 9 est toujours la mesure 9. C’est la vue pour finir un morceau : structure, montage, fondus, automation, mixage, musique à l’image.

GRILLE · MODE SESSION

Le temps tourne en boucle

Une colonne est une piste, une ligne est une scène, chaque case contient un clip qui boucle. C’est la vue pour chercher : esquisser, essayer des combinaisons, improviser, jouer sur scène.

Les règles de la grille

1Un clip par piste

Lancer un autre clip dans la même colonne remplace le précédent. Deux pistes, elles, jouent ensemble.

2Un lancement quantifié

Le clip ne part pas au clic, mais au prochain repère choisi, souvent la mesure suivante. En attendant, il clignote. Tout reste en place même si on clique un peu tôt.

3La scène lance une ligne

Une scène correspond à une section : intro, couplet, refrain. Selon le logiciel et ses réglages, une case vide arrête sa piste ou la laisse jouer.

4Tout boucle

Un clip tourne jusqu’à ce qu’on l’arrête. Certains logiciels savent enchaîner seuls d’un clip à l’autre (follow actions).

Essayer : quatre pistes, quatre scènes

Lance une scène, puis des clips isolés pendant la lecture : ils attendent la mesure suivante. Arme ensuite « Enregistrer dans l’arrangement » et joue quelques scènes à la suite : la timeline se remplit toute seule.

De la grille au morceau

  1. Construire trois ou quatre scènes contrastées : ce sont les futures sections du morceau.
  2. Enregistrer une version complète dans l’arrangement en lançant les scènes dans l’ordre, comme on jouerait en direct. On peut aussi glisser les clips dans la timeline à la main.
  3. Revenir à la timeline pour finir : transitions, variations, fondus, automation et mixage.

Les noms varient : vue Session et bouton « Back to Arrangement » dans Ableton Live, lanceur de clips (clip launcher) dans Bitwig, Live Loops dans Logic Pro. Des fenêtres de ce type apparaissent aussi dans d’autres DAW, dont Pro Tools et Studio One. La timeline reste partout la vue principale pour terminer un projet.

FICHIER OU PROJET

Destructif ou non destructif ?

La différence ne dépend pas seulement du logiciel : elle décrit surtout où l’opération est enregistrée. Modifie-t-on les échantillons du fichier source, ou seulement les instructions d’un projet qui les relit ?

FICHIER SOURCE · SOURCE FILE Original intact sur le disque
+ instructions →
LECTURE DU PROJET · PROJECT PLAYBACK Aucune modification
CE QUI EST MÉMORISÉ

Le projet référence le fichier original.

DESTRUCTIF · DESTRUCTIVE

Le fichier est réécrit

Les valeurs audio enregistrées dans le fichier sont remplacées. Après sauvegarde et fermeture, revenir en arrière exige une copie, un historique conservé ou une nouvelle prise.

  • Utile pour préparer définitivement un fichier
  • Peut libérer de l’espace ou simplifier la suite
  • Demande une sauvegarde de l’original
NON DESTRUCTIF · NON-DESTRUCTIVE

Le projet garde des instructions

Le fichier source reste intact. Le logiciel mémorise des coupes, fades, gains ou effets et les applique pendant la lecture ou l’export.

  • Les choix restent modifiables
  • Le projet dépend toujours des fichiers sources (organiser le dossier du projet)
  • L’export crée un nouveau fichier calculé

RENDU · ARA

Quand un traitement doit être rendu

La plupart des effets fonctionnent en insert : ils traitent le son pendant la lecture, par petits blocs, sans jamais voir la suite. Certains traitements en sont incapables, parce qu’ils ont besoin de tout le fichier avant de commencer.

IL FAUT TOUT CONNAÎTRE

Analyser avant d’agir

Normaliser (trouver la crête la plus haute), inverser (lire depuis la fin), débruiter à partir d’un profil appris sur un silence, réparer un spectre, mesurer une sonie intégrée.

TROP LOURD POUR LE TEMPS RÉEL

Prendre son temps

Un étirement de très haute qualité, une séparation de sources, certaines restaurations demandent plus de calcul que la lecture n’en laisse. Le rendu peut aller plus lentement que le temps réel.

LE DESTRUCTIF FAÇON DAW

Un nouveau fichier, l’original gardé

La DAW écrit le résultat dans un nouveau fichier et le clip pointe vers lui. L’original reste dans le projet : on peut revenir en arrière, contrairement au vrai destructif d’un éditeur audio.

L’ARA (Audio Random Access) est une troisième voie, pensée pour les outils comme la correction de hauteur ou l’alignement de voix. Le plugin est inséré comme un effet, mais il lit directement tout le clip et sait où il se trouve dans la timeline. Plus besoin de « transférer » le passage en le rejouant, et les corrections suivent le clip quand on le coupe ou le déplace.

Essayer : ce que voit le plugin

Approfondir le comping, les raccords et la restauration → Choisir entre WAV, AIFF, FLAC, MP3 et M4A →
03

MODULES CHARGÉS DANS LA DAW

Les plugins

Un plugin est un module logiciel chargé dans une application hôte (host), ici la DAW. Chaque instance appartient à une piste ou à un bus, reçoit des données, effectue un calcul puis renvoie un résultat. La DAW mémorise ses réglages dans le projet et peut les automatiser.

PAGE DE RÉFÉRENCE
Nature, formats et installation

Distinguer effet et instrument, choisir VST3, AU, AAX ou CLAP, puis diagnostiquer un plugin absent de la DAW.

COMPRENDRE LES PLUGINS →
HÔTE · HOSTLa DAW l’accueille

Elle charge le plugin, lui fournit l’audio ou le MIDI, synchronise le tempo et rappelle ses paramètres.

INSTANCEUne copie réglable

Le même plugin peut être ouvert plusieurs fois avec des réglages différents sur plusieurs pistes.

FORMATUne convention technique

VST3, Audio Unit ou AAX décrivent la compatibilité avec un système et une application, pas la fonction sonore.

TEMPS RÉEL · REAL TIMECalcul pendant la lecture

Le traitement utilise du processeur et peut ajouter de la latence. Un gel ou rendu peut calculer le résultat à l’avance.

EFFET AUDIO · AUDIO EFFECT

Transforme un signal

Audio entrant→EQ / Comp / Delay→Audio traité

Un effet agit sur l’audio d’une piste, en insert ou sur un bus.

EFFET MIDI · MIDI EFFECT

Transforme des messages

Notes / CC→Arpégiateur→Nouveaux messages

Il modifie les événements avant qu’ils atteignent un instrument.

INSTRUMENT · INSTRUMENT PLUGIN

Génère de l’audio

MIDI→Synthé / Sampleur→Audio

Il crée le signal qui pourra ensuite traverser des effets.

PISTE→Plugin 1
EQ
→Plugin 2
Compresseur
→FADER / PAN→BUS / MASTER
04

DES MESSAGES VERS LE SON

L’instrument virtuel (virtual instrument)

Un instrument virtuel est un logiciel qui produit de l’audio à partir de notes et de contrôles, généralement MIDI. Il peut fonctionner seul (standalone) ou comme plugin dans une DAW. Dans ce second cas, le projet mémorise l’instrument, son preset et ses paramètres.

CLAVIER / CLIP
MIDI
→INSTRUMENT VIRTUEL
Synthèse ou samples
→SIGNAL
Audio
→EFFETS / MIXEUR
DAW
SYNTHÉTISEURCalcule le son

Oscillateurs, filtres, enveloppes et modulations génèrent le signal.

SAMPLEURRejoue des enregistrements

Les notes déclenchent des échantillons organisés et transformés.

BATTERIE VIRTUELLEAssocie sons et pads

Chaque note déclenche généralement une percussion ou une articulation.

Avant l’instrument : MIDI

Les notes restent modifiables : hauteur, durée, vélocité, position et contrôleurs.

Après l’instrument : audio

Le signal peut être égalisé, compressé, envoyé vers une réverbération et mixé.

Geler ou rendre (freeze / render)

La DAW peut calculer une piste audio pour réduire la charge du processeur ou figer une version. Geler, rendre ou imprimer →

PAGE DÉDIÉE
L’éditeur de partition

Écrire la musique pour des musiciens : lire une portée, saisir les notes, comparer partition, piano roll et MIDI, exporter en PDF, MusicXML ou MIDI.

COMPRENDRE LA PARTITION →

Cinq objets à ne pas confondre

OutilEntrée principaleRésultatÉchelle de travail
Éditeur audioFichier audioFichier transforméÉchantillon / fichier
DAWAudio + MIDIProjet / mixageSession multipiste
EffetAudio ou MIDIFlux transforméInsert ou bus
Instrument virtuelMIDI / gestesAudioInstrument
Éditeur de partitionNotes saisies ou MIDIPartition, MusicXML, MIDIMesure / page