Une voix, une guitare ou un micro seul : piste mono. Un clavier en stéréo ou un couple de micros : piste stéréo. Une piste stéréo pour un seul micro double la place sur le disque sans rien apporter.
EN PRATIQUE · RECORDING
Enregistrer dans la DAW
Le micro est branché, le niveau est réglé : reste à faire la prise. Armer la piste, lancer l’enregistrement au bon moment, reprendre un passage, garder plusieurs essais… Ces gestes sont les mêmes en audio et en MIDI.
AVANT D’APPUYER SUR ●
Préparer la piste
Une prise réussie se prépare avant de jouer. Quelques réglages évitent de découvrir après coup un fichier mal nommé, une entrée muette ou un niveau saturé.
Le micro branché sur l’entrée 1 de l’interface doit être sélectionné comme entrée de la piste. Sans cette correspondance, l’indicateur de niveau reste immobile.
La plupart des DAW nomment le fichier d’après la piste : « Voix lead » donne Voix lead_01.wav. Une piste appelée « Audio 3 » produit des fichiers impossibles à retrouver plus tard.
Le gain se règle sur le préampli, en faisant jouer le passage le plus fort. Des crêtes autour de −12 à −6 dBFS laissent une marge : une saturation à l’enregistrement ne se répare pas.
Écoute directe par l’interface (sans délai) ou écoute par la DAW (avec les effets, mais avec une petite latence). Le choix se fait avant la prise, pas pendant.
Fréquence d’échantillonnage et résolution se choisissent à la création du projet. Changer en cours de route oblige à convertir les fichiers déjà enregistrés.
Essayer : préparer une prise de voix
Choisis une mission, puis règle l’interface et la piste. Le vu-mètre montre le niveau qui arrive, et « Ce que tu entends » distingue ce que le chanteur entend dans le casque de ce qui est réellement enregistré. Les réglages de départ contiennent quatre erreurs fréquentes.
Micro statique sans 48 V
Un micro à condensateur ne produit rien sans alimentation fantôme. Le vu-mètre ne bouge pas.
Deux écoutes en même temps
Écoute directe et écoute logicielle : la voix arrive deux fois, la seconde quelques millisecondes plus tard.
Tampon trop grand
En écoute par la DAW, 256 échantillons donnent déjà une dizaine de millisecondes : on le sent en chantant.
La réverbe n’est pas enregistrée
Une réverbe en insert s’entend pendant la prise, mais le fichier reste sec. C’est voulu : on la choisira au mix.
Mauvaise entrée
Micro sur l’entrée 1, piste sur l’entrée 2 : la prise enregistre du silence.
Gain trop haut
Un passage qui touche 0 dBFS est écrêté pour de bon. On règle le gain sur le passage le plus fort.
Ces mêmes étapes s’appliquent lorsqu’une console ou un enregistreur sert d’interface audio. Si la prise est faite sur carte sans ordinateur, on importe ensuite les fichiers : suivre le parcours de captation multipiste →.
ARMER ET DÉCLENCHER
Deux boutons ● à ne pas confondre
Presque toutes les DAW affichent deux boutons rouges qui ne jouent pas le même rôle.
Trois façons de déclencher l’enregistrement
Selon le logiciel et ses réglages, le bouton Enregistrer du transport ne se comporte pas de la même façon :
● lance tout
C’est le comportement le plus courant : la lecture démarre et l’enregistrement commence aussitôt, à la position de la tête de lecture.
● prépare, ▶︎ déclenche
Dans certains logiciels, ● ne fait que mettre le transport en attente : le bouton clignote et rien ne bouge. C’est la touche Lecture qui déclenche l’enregistrement.
● pendant la lecture
La lecture est déjà lancée ; un appui sur ● fait démarrer l’enregistrement à cet instant précis, un second appui l’arrête sans couper la lecture. C’est un punch manuel.
Les raccourcis varient beaucoup d’un logiciel à l’autre (touche R, * du pavé numérique, combinaisons avec la barre d’espace…) : l’aide du logiciel en donne toujours la liste.
ENTRER DANS LE JEU
Pré-roll, post-roll et pré-compte
Commencer à jouer pile au moment où l’enregistrement démarre est difficile. En pratique, on place la tête de lecture là où l’on veut enregistrer : ces réglages donnent un moment de préparation, sans l’enregistrer.
La tête de lecture marque l’endroit où l’on veut enregistrer. Au lancement, la lecture part une ou deux mesures plus tôt : on entend la musique, on se cale, et l’enregistrement ne commence qu’à la tête de lecture.
Quand l’enregistrement a une fin prévue, la lecture continue quelques instants avant de s’arrêter seule : on entend comment la nouvelle prise se raccorde à la suite.
Le métronome donne une ou deux mesures de clic avant le départ, sans lire le morceau. Très utile en début de morceau, ou pour enregistrer du MIDI sur une piste vide.
Selon le logiciel, ce qui est joué juste avant le point d’enregistrement, et après sa fin, est aussi gardé dans le fichier sans être affiché. Au montage, on peut alors rallonger la prise si une note a été attaquée un peu en avance.
REPRENDRE UN PASSAGE
Punch in et punch out
La prise est bonne, sauf une phrase. Plutôt que tout refaire, on remplace seulement cette zone : l’enregistrement « rentre » (punch in) puis « sort » (punch out) de la piste existante.
À la volée
On lance la lecture et on appuie sur ● au bon moment, puis de nouveau pour sortir. Simple, mais il faut être précis… et libre de ses mains.
Entre deux repères
On place les repères d’entrée et de sortie, puis on lance la lecture d’où l’on veut, en général un peu avant le repère d’entrée. La DAW entre et sort exactement aux repères : on n’a plus qu’à jouer. Le pré-roll n’a pas de rôle pratique ici.
Entendre la bonne source
Avant le punch in, la piste armée fait entendre l’ancienne prise ; au punch in, elle bascule sur l’entrée, puis revient à l’ancienne prise après le punch out. C’est ce qui permet d’enchaîner naturellement.
PLUSIEURS ESSAIS · TAKES
Enregistrer en boucle
En enregistrement en boucle (cycle ou loop recording), la DAW rejoue la même zone encore et encore. À chaque passage, elle garde une nouvelle prise (take) sans effacer les précédentes. On joue plusieurs fois de suite sans s’arrêter, puis on choisit.
Des prises empilées
Les prises s’affichent en couloirs (lanes, playlists, dossiers de prises selon les logiciels). La dernière est généralement celle que l’on entend.
Assembler le meilleur
On sélectionne un passage dans chaque prise : la DAW les raccorde en une prise assemblée, sans toucher aux enregistrements d’origine.
Prises ou fusion
En MIDI, chaque passage peut créer une nouvelle prise, ou s’ajouter aux notes déjà jouées (fusion, overdub) : on construit alors un rythme de batterie élément par élément.
ESSAYER · TRANSPORT
Le transport en action
La piste contient déjà une prise (l’extrait musical). Ton « entrée » est simulée par un rythme de batterie : tu entends exactement quand la DAW bascule de l’une à l’autre. Arme la piste, place les repères, choisis le comportement du bouton ●, puis enregistre.
DANS LE PROJET
Ce qui est vraiment enregistré
Une prise audio n’est pas « dans » la piste : c’est un fichier écrit dans le dossier du projet, que la piste affiche sous forme de région.
Chaque passage d’enregistrement crée un nouveau fichier audio dans le dossier du projet. Copier le fichier du projet sans ce dossier, c’est perdre le son.
Un punch ou une nouvelle prise ne réécrit pas l’ancien fichier : la DAW change seulement la région affichée. On peut revenir à l’ancienne prise, mais le dossier grossit ; les logiciels proposent de supprimer les fichiers inutilisés en fin de projet.
Le son met quelques millisecondes à traverser l’interface et le pilote. La DAW compense ce délai pour placer la prise au bon endroit. Si toutes les prises arrivent décalées de la même valeur, un réglage de compensation l’ajuste.
Une prise MIDI est enregistrée dans le projet lui-même, sous forme d’événements. Elle ne pèse presque rien et l’instrument peut être changé après coup.
L’aide-mémoire à imprimer : préparation de la piste, déclenchement, pré-roll, punch et vocabulaire de la prise.